30 Noviembre 2009

Una costella de porc desossada i amb aparença de piano identificarà la cuina del Bages

La cuina del Bages no té cap plat que l’identifiqui. Per això, la nova Associació de Cuineres del Bages, un col·lectiu integrat per una trentena de dones aficionades a la cuina, han creat ‘El piano del Bages’, un plat que han presentat al Gremi d’Hostaleria i Turisme perquè els restaurants l’incloguin a les seves cartes. Es tracta d’una costella de porc desossada i farcida, elaborada amb productes que es poden trobar al territori comarcal, com el porc ral d’Avinyó o el vi del Pla de Bages. Aquest nou col·lectiu s’ha proposat fer divulgació de la cuina tradicional feta amb productes del Bages i neix sota el lideratge de Dolors Gómez, professora de l’escola de cuina Lleure, que enguany compleix 25 anys. 

Posar en valor la cuina tradicional, així com els productes autòctons del Bages centraran l’activitat d’aquesta nova entitat, que s’ha presentat en societat aquest dilluns juntament amb la seva primera proposta, un plat per identificar la comarca i per donar a conèixer la seva gastronomia arreu. Es tracta del ‘Piano del Bages’, un plat que aprofita les matèries primeres que es poden trobar al territori.El ‘Piano del Bages’ rep aquest nom per la forma que pren la costella de porc un cop desossada i cuinada. S’elabora amb el porc ral d’Avinyó, una nova raça creada per l’Escorxador Frigorífic d’Avinyó amb l’objectiu de recuperar el gust tradicional del porc. Un cop desossat i obert, el costellam del porc es macera i es farceix amb cebes, pomes i bolets saltejats. Després, les costelles es pinten amb ou i s’introdueix al forn, on el procés de cocció s’anirà completant amb la introducció de nous productes com vi blanc i vi ranci. El plat se serveix acompanyat d’una salsa procedent de tots els sucs de la cocció i feta amb vi ranci i fruits secs.La presentació pública del plat, així com de l’associació, es farà el 12 de desembre, en l’acte de cloenda del vint-i-cinquè aniversari de l’escola de cuina Lleure. Possiblement aviat, el ‘Piano del Bages’ sigui incorporat a les cartes dels restaurants de la comarca, ja que s’ha donat a conèixer al Gremi d’Hostaleria i Turisme i segons, Dolors Gómez, ha tingut molt bona acollida. L’Associació de Cuineres del Bages està integrada per una trentena de dones, totes elles amateurs. Segons Dolors Gómez, es tracta d’un col·lectiu que neix amb voluntat de fer divulgació de la cuina tradicional del Bages al mateix temps que s’hi introdueix un toc de modernitat. També persegueix, ha dit, donar a conèixer els productes autòctons del Bages. A la presentació prèvia del col·lectiu i del plat que s’ha fet aquest dilluns a la Fundació Alícia hi han assistit, entre d’altres, el director de la Fundació, Toni Massanés, i el regidor de Cultura i Turisme de l’Ajuntament de Manresa, Ignasi Perramon. Perramon ha elogiat la proposta del nou col·lectiu i l’ha esperonat a continuar endavant en els seus objectius.De la seva banda, Massanés ha destacat la importància de posar en valor i recuperar la cuina tradicional, que s’està perdent, ha dit, davant de l’alta cuina que se serveix als restaurants, i a causa dels nous hàbits alimentaris. El director d’Alícia ha animat les cuineres del Bages a mantenir un diàleg amb el sector de la restauració per evitar que aquest patrimoni gastronòmic es perdi.

FONT: AVUI

29 Noviembre 2009

Planète cuisine

Il y a vingt ans, l’amateur de cuisine parcourait la France à la recherche de sensations fortes. Il prend désormais l’avion pour sillonner les spots incontournables d’une cuisine et de chefs mondialistes. Analyse.

La scène se passe à New York il y a quelques semaines sur la scène du French Institute Alliance Française à deux pas de Central Park. Cinq jeunes chefs français et américains sont venus rendre hommage au grand Michel Bras, le chef de Laguiole dans l’Aveyron, considéré comme l’un des créateurs majeurs par tous les jeunes cuisiniers internationaux. Pascal Barbot (L’Astrance, Paris), David Chang (Momofuku, New York) Alexandre Gauthier (La Grenouillère, La Madelaine-sous-Montreuil), Wylie Dufresne (WD50, New York) et David Kinch (Manresa, San Francisco) livrent sur scène, derrière le piano de cuisine, leur manière d’appréhender l’un des plats de Bras, la lotte pochée dans l’huile d’olive noire. Egalement appelé « Ombre et Lumière », c’est sans doute l’un des plats les plus fantasmatiques de la cuisine contemporaine, à la fois simple et ultra technique, dépouillé et complexe. Dans la salle, un public de new yorkais passionné de cuisine, des chefs aussi comme Carlo Mirarchi, le patron de Roberta’s à Brooklyn. C’est un gamin d’à peine trente ans, autodidacte. Il a ouvert il y a quelques mois une pizzeria qui ne paie pas de mine dans l’une des rues désertes du borough new-yorkais. Repéré par le Times, la pâte a pris très vite. Mais comme Mirarchi est une tête de mule doublé d’un vrai déjanté, il a peu à peu laissé tomber le four à pizza, créé une deuxième cuisine dans son resto de bric et de broc et se consacre désormais chaque soir à la cuisine créative. Le quartier vient toujours manger les meilleurs margharita de Big Apple, mais les connaisseurs se ruent plutôt sur ses ris de veau délicatement poêlés à la pêche ou encore son cochon snacké, gras et croustillant à se damner.

David Chang, Wylie Dufresne et Michel Bras © Omnivore

Dans la salle du French Institute, Mirarchi ne perd pas une miette de la performance de ses confrères américains et français. Peu de temps avant, il a suivi les deux heures d’entretiens d’un Michel Bras humaniste, aussi philosophe que cuisinier, racontant l’importance de son paysage d’Aubrac dans sa construction de chef tout autant que la liberté qu’il faut à tout prix gagner pour continuer de cuisiner. « C’est un incroyable ce que j’ai appris en une après-midi, explique le chef tatoué. En même temps, c’est comme si je connaissais cela, déjà, comme s’il existait un lien entre ce que je fais ici, à New York, ce que je sais de Bras et ce qu’un jeune chef comme Gauthier fait lui aussi chez vous à sa manière » La veille justement, Gauthier avait été soufflé par le plat ris de veau/pêche servi à toute la tablée de français par Carlo Mirarchi. Une merveille d’équilibre entre le croustillant des ris caramélisés et moelleux et l’onctuosité acide du fruit. « C’est dingue, ce plat là, je l’ai fait cet été, comme ça, à l’identique ! » Et Gauthier jetait un regard circulaire et épaté sur le décor de pizzéria, pierre apparente, bordel organisé. A l’opposé de son restaurant étoilé du nord de la France… mais finalement pas si éloigné dans les gênes de cuisinier.

Evangélistes

Ce que Mirarchi et Gauthier venaient de découvrir, c’est qu’il s’est tissé subrepticement depuis quelques années une sorte de connivence mondiale en cuisine. Une sorte d’effet papillon reliant inconsciemment les cuisines européennes et américaines, américaines et asiatiques, asiatiques et européennes… Impossible désormais de concevoir l’une sans l’autre, de démêler les influences. On enfonce des portes ouvertes ? On découvre la mondialisation ? C’est que la cuisine, et en premier lieu la cuisine française, a longtemps cultivé les frontières sacrées avant de se décider à ouvrir portes et fenêtres. Forte de son savoir-faire, certaine de sa prédominance, elle a négligé dans ses conquêtes – en gros la France a joué les évangélistes culinaires durant 20 ans à partir des années 70 – la part de créativité qui existait pourtant dans chacun des pays. La capacité de tout peuple à créer ses propres référents, goûts, techniques… Quand l’Espagne s’est soudain révélé comme puissance gastronomique mondiale à l’aube de l’an 2000, notamment après une long article du New York Times vantant ses mérites de création à l’opposé d’une France moribonde, les toques tricolores ont ressorti le flambeau, remonté les barricades pour assurer que, non, tout allait pour le mieux dans le plus culinaire des pays. « Mais cela n’était pas vrai, reconnaît Thierry Marx, le chef de Cordaillan-Bages. Nous avions certes une mémoire, une culture, un passé, mais nous avions oublié de cultiver la modernité et de communiquer avec l’extérieur. » L’émergence de l’Espagne a mis un sérieux coup de pied aux toques tricolores et mis sur le côté, de manière assez définitive, le savoir-faire classique et obséquieux – et pour tout dire assez chiant – de la cuisine à la française.
Fort heureusement, les années 2000 ont aussi vu émergé en France la nouvelle génération des fourneaux. Ce sont les mêmes qu’on retrouve quelques années plus tard sur la scène de New York mais aussi dans les très nombreux festivals de cuisine qui sont nés à travers le monde dans le sillage du festival Lo Mejor de la Gastronomia de San Sebastien en 2000. L’Espagne possède désormais son Madrid Fusion, l’Italie son Identita Golose à Milan, la France son Omnivore Food Festival (1) à Deauville. Durant deux ou trois jours, les chefs du monde entiers convergent vers ces scènes internationales pour découvrir les techniques mais aussi les cultures culinaires des autres pays.

Pascal Barbot et David Kinch avec sébastien Demorand (à gauche) © omnivore

C’est au OFF de Deauville qu’est apparue pour la première fois la nouvelle vague scandinave de la cuisine. Jusqu’alors réduits au simple copyright de la cuisine bourgeoise française, de jeunes chefs danois et suédois se sont rassemblés pour créer un manifeste de la cuisine scandinave. « Il s’agissait de réaffirmer que nous avions un patrimoine, des produits et que même s’ils étaient pauvres, issus d’une terre beaucoup moins riche qu’en France ou en Italie, cela valait la peine de les transformer dans l’assiette », explique René Redzepi, chef du Noma de Copenhague, devenu en cinq ans et à à peine 35, une référence mondiale de la cuisine. Chez lui, racines, pommes de terre, herbes préservées des neiges accouchent de compositions totalement locales – couteau, aneth, raifort ou encore fromage frais, jus de pin – mais qui s’inscrivent pourtant dans la nouvelle révolution culinaire planétaire. Inaki Aizpitarte, le chef du Chateaubriand à Paris, avoue avoir passé l’un de ses meilleurs repas cette année au Noma de Redzepi. « Sa manière de ne se servir que de ce qui l’environne lui donne une sorte de puissance, de résonnance qui va bien au delà de la simple cuisine d’un terroir scandinave. »

Série de satellites

Toute l’Europe des chefs passe donc désormais par le restaurant Noma pour goûter cette « expérience » unique. Au fil des années, s’est même instauré une sorte de parcours mondial initiatique pour tout ceux qui cuisinent et goûtent sur la planète. Alors que dans les années 80, il était purement français, passait par Saulieu (Bernard Loiseau), Saint-Père-Sous Vézalay (Marc Meneau), Vonnas (Blanc), Eugénie-les-Bains (Michel Guérard) ou Paris (Guy Savoy), le territoire culinaire s’est donc considérablement élargi, l’expérience sensorielle a suivi. Ce parcours mène désormais le mangeur à travers Mugaritz (Andoni Luis Aduriz, Espagne), El Bulli (Ferran Adrià, Espagne), Michel Bras (Laguiole), Sa.Qua.Na (Alexandre Bourdas, Honfleur), L’Astrance (Pascal Barbot, Paris), Le Chateaubriand (Inaki Aizpitarte, Paris), Noma (René Redzepi, Copenhague), The Fat Duck (Heston Blumenthal, Grande-Bretagne). Et puis bien sûr New York avec les restaurants de David Chang ou de Wylie Dufresne. Et, partout, toute une série de satellites, des tables plus jeunes, en « devenir » comme récemment le Frenchie de Grégory Marchand ou le Yamt’Cha d’Adeline Grattard à Paris. Dans les mois qui viennent, vous verrez que le cercle s’élargira à ce jeune diable d’Alexandre Gauthier, de la Grenouillère, à la Madelaine-sous-Montreuil, qui a marqué les esprits New-Yorkais par son sérieux, sa cohérence et la manière iconoclaste dont il dresse une assiette, repoussant systématiquement en périphérie les éléments constitutifs du plat. « J’ai inscrit Gauthier dans mon prochain tour de France, confirme Oliver Strand, l’un des meilleurs food writer du New York Times. Il est étonnant de maturité à 30 ans, il possède une vision tout à fait singulière de la cuisine. » Gauthier, récemment, était convié par un jeune chef belge, Kobe Desmarault, à cuisiner dans son restaurant In de Wulf. Deux visions concentriques de l’avant-garde culinaire réunies pour une même soirée. « Une même pureté, une même ligne architecturale de plats qui sont plus que des plats, ses sensations uniques », notait une des mangeuses chanceuses de la soirée. De New York à Copenhague, le Tokyo à Londres ou Paris, la jeune cuisine du 21e siècle s’annonce bel et bien hyper épurée et mondialisée.

Les 10 spots initiatiques
Voici les 10 restaurants où il faut absolument manger pour devenir un crack de la jeune cuisine mondiale.

Danemark
Noma

Dans l’ancien entrepôt à sel de René Redzepi, se joue la vision « pauvre » de la cuisine : racines, baies sauvages, herbes. C’est sans conteste l’adresse la plus échangée du moment.
Noma, Strandgade 93, 1401 Copenhague
1.200 couronnes danoises
+45 3296 3297
www.noma.dk
50-150€

Espagne
Mugaritz

Andoni Luis Aduriz aime le soupçon, l’incertitude. Il n’assène jamais les goûts mais les suggère plutôt, jusqu’à la fadeur. Une plongée gustative intérieure mais intense.
Oztazulueta baserria Adura aldea, Errenteria, Gipuzkoa (San Sebastian)
+43 943 522 455
www.mugaritz.com
140€

Etats-Unis
Momofuku Ssam Bar

Le Ssam Bar de David Chang est la version trendy US du Chateaubriand à Paris, capable d’envoyer des « pork belly buns » (sandwich au cochon) à pleurer de gourmandise tout comme des miniatures ciselées.
207, 2nd Avenue, New York
www.momofuku.com
$50

Roberta’s 
Carlo Mirarchi a inventé la pizzeria gastronomique… Dans son décor deep Brooklyn (avec jardin suspendu sur les toits pour faire pousser ses tomates !), il est la nouvelle tête chercheuse de la cuisine new yorkaise.
261 Moore St Brooklyn, NY 11206
www.robertaspizza.com
$50

Manresa
C’est le chef de file de la nouvelle cuisine californienne. A l’instar d’un Alain Passard et de ses potagers, David Kinch cultive et fait à manger : 100 variétés de tomates, des dizaines de variétés de légumes pour l’un des restaurants les plus importants des cinquante dernières années aux Etats-Unis.
Los Gatos California 95030
www.manresarestaurant.com
$50-100

France
L’Astrance

Pascal Barbot a été le révélateur dans les années 2000 de la nouvelle génération de chefs français. Son ascension fulgurante renforce une ligne désormais intangible : produits parfaits, associations simples (foie gras, champignons de paris, verjus pour la plus connue), plaisir imparable.
4 rue Beethoven, 7506 Paris
+33 140 50 84 40
150-250€

La Gazzetta
Dans son décor de bistrot parigot, le suédois Petter Nilsson vit chaque service comme une fulgurance. Sa crème de topinambour sous une fine pellicule de chocolat reste l’un des plats les plus marquants de l’année.
29 rue de Cotte 75012 Paris
Tél. : 01 43 47 47 05
www.lagazzetta.fr
20-50€

Le Chateaubriand
Inaki Aizpitarte n’a pas inventé le bistrot-gastronomique mais il l’a porté à sa quintessence. Ou comment manger de la haute couture dans un lieu prêt-à-porter.
129 avenue Parmentier
75011 Paris
Tél. : 01 43 57 45 95
16-39€

La Grenouillère
L’avenir ? Il est ici avec Alexandre Gauthier. L’un des chefs les plus cohérents, réguliers et créatifs de la décennie.
La Madeleine-sous-Montreuil
62170 Montreuil
Tél. : 03 31 06 07 22
www.lagrenouillere.fr

Suède
Trio

Ola Rudin et Markus Samuelssons ont travaillé pour Wylie Dufresne à New York et Charlie Trotter à Chicago avant d’ouvrir l’an dernier leur laboratoire de cuisine. Epure, mysticisme et créativité.
Tegelgärdsgatan 5, Malmö
www.triorestaurant.se

SOURCE: OMNIVORE

28 Noviembre 2009

El Celler de Can Roca; un restaurant que enlluerna

No s’admeten apostes

Aquí no farem quinieles, porres ni càbales sobre estrelles. Això no va d’astronomia, va de gastronomia. De l’experiència complexa, plaent i sostinguda que es viu celebrant un àpat en aquest restaurant total anomenat el Celler de Can Roca.

Una roca incandescent, llampant com l’alfa del Canis Major, fidel company del caçador Orió. Sírius vol dir abrasador, com el foc de la brasa que presideix la cuina del nou Celler. Roca encesa, punt de referència inqüestionable, guia per a navegants que projecta saviesa i felicitat des del barri obrer de Taialà, a Girona. Ni astronomia ni astrologia, que no volem fer prediccions. Només gastronomia per dir que al cel de la restauració ja fa temps que el Celler hi brilla amb un fulgor tan resplendent que fins enlluerna. Només gastronomia mirant de no repetir-nos massa.Ja se’n parla prou dels germansz Roca,i sempre bé, que s’ho han guanyat.

Mirant de no allargar-nos explicant que en Joan, en Josep i en Jordi, les tres roques sobre les quals s’ha construït el Celler, són de pedra picada, perquè això ja se sap. Mirant de no reescriure un cop més la història de com han sabut bastir, amb esforç, superació, criteri i generositat un temple on se celebren tant el gaudi dionisíac com el coneixement apol·lini; no amb una sinó amb tres naus per menjar, beure i viure; amb cinc absis rectangulars que són capelles per oficiar litúrgies multisensorials dedicades als vins que més s’adora i amb tot un tapís de la creació culinària teixit amb plats que ja són referències de la història recent de la cuina d’autor.

litúrgies multisensorials

Creacions com el carpaccio de peus de porc amb oli de ceps i fesols de Santa Pau; o el timbal de poma i foie gras amb oli de vainilla; o les cloïsses amb sorbet d’aranja i Campari; o el foie gras amb roses, litxis i sorbet de gewürstraminer; o el bistec tàrtar amb gelat de mostassa i espècies; o les versions –les receptes del Celler mai no es consideren definitives– de la truita de caviar; o els crustacis perfumats amb espècies; o el perfecte de colomí amb taronja confitada, avellanes, ginebró i Bristol Cream; o els gelats, suflés i altres menges emboirats per núvols de fum; o les ostres amb cava i les seves bombolles; o les ostres amb destil·lat de terra –el mar i muntanya més essencial basat en una futurista destil·lació al buit–; o el peix i la carn cuits amb una precisió de temps i temperatura tan extraordinària que han creat escola; o els diferents colors fets postres, o els records dolços d’un viatge a l’Havana, o el dibuix pentinat d’un jardí zen, o les formes naturalistes d’unes fruites ensucrades, o els arxiconeguts perfums comestibles: Eternity de Calvin Klein, Trésor de Lancôme, Carolina de Carolina Herrera… Sense ocupar massa espai intentant il·lustrar com n’és d’important aquí l’acollida, el tracte, cada detall del menjador i la sala d’estar. Sense ni començar a parlar de la feina dels reconeguts sommeliers que aconsegueixen que aquí la paraula maridatge prengui una nova dimensió.

Si fos… què seria?

Posats a fer, potser val més que ho expliquin ells, que cada Roca ens doni la seva visió personal d’aquesta aventura conjunta. Per aconseguir-ho, els proposem un joc. Un exercici lúdic, gairebé poètic, ben simple i prou conegut que –segons diuen– agradava força als surrealistes. El del “Si fos… què seria?”. Es tracta d’intentar copsar els trets fonamentals d’un ens imaginantne l’aspecte si tingués una naturalesa diferent. Hem proposat el joc als tres vèrtexs del triangle roquer a partir de les respectives experteses.

joan, l’arquitecte del gust

Al Joan, el germà gran, el xef, l’investigador i mestre de cuina, l’arquitecte de les creacions culinàries, l’alfa de la constel·lació rocallosa, li hem demanat: “Si el Celler de Can Roca fos un dels teus plats, quin plat seria?”. I ens ha contestat això, que reproduïm íntegrament: “El Celler podria ser una creació recent: el xai amb pa amb tomata. Perquè és nou però arrenca de la memòria d’infantesa. Perquè incorpora la reflexió (per exemple a partir del coneixement de tractaments orientals, com l’ànec lacat a la pequinesa, on l’important és la pell) i també recull el testimoni de vivències personals (l’aroma de comí, experimentada en viatges pel nord d’Àfrica). Comença amb el treball de recerca d’un producte interessant (el be és de raça ripollesa, una mostra de la poca ramaderia de llinatge antic que encara es conserva al nostre país). Combina el saber fer tradicional amb la implementació experimental dels darrers recursos tècnics, la cocció a temperatura controlada (en què el Celler és referent perquè hi investiga des de fa anys, desenvolupant tecnologia i col·laborant amb científics). Però també hi ha el joc (el pa amb tomata és a dins i el corder a fora), l’aspecte més imaginatiu i lúdic”.

jordi, dolça anarquia

Li toca a l’omega, el germà petit i el que s’encarrega de cloure els àpats amb un regust fresc i dolç. “Jordi, si el Celler de Can Roca fossin algunes de les teves postres, quines postres serien?”, li demanem. I ens diu: “Potser l’Anarquia (unes postres molt complexes i treballades, una paleta desordenada amb desenes de components diferents que el comensal i l’atzar combinen com els sembla, un caos generador de noves experiències organolèptiques personalitzades). Per mi aquest plat significa que tot s’hi val, que –si més no en principi– tot pot funcionar. Vol dir no posar-se límits entre el dolç, el salat i el líquid. També expressa la llibertat, que és tal com jo veig el Celler des de la meva perspectiva. Potser perquè en el món de la pastisseria de restaurant hi ha menys referències –i el que no hi ha és el que pot ser–, demostra que l’harmonia sovint ve de fonts culturals o heretades. El plat va néixer un dia que tots tres estàvem analitzant com construir un consomé de moixernons amb alvocat i buscàvem els perquès de tot, de cada ingredient, de cada tècnica, de forma obsessiva. En aquell moment se’m va ocórrer: i per què hi ha d’haver un perquè? No cal reflexionar tant. Això va encendre la metxa. Sí, la llibertat. Allò de ¿i per què no?”.

josep, la màgia del celler

Per acabar, en Josep, la visió sistèmicade qui ha d’explicar cada dia als clients la realitat que orquestra aquesta màquina de generar plaer que és el Celler. Qui conversa les begudes i les menges, les il·lustra i les fa millors: el poder de la paraula, la màgia de comunicar valors elidits. “Si el Celler de Can Roca fos un vi –ens diu en Josep– seria un cava. Un vi escumós fet aquí, sota el sol mediterrani, amb les tres varietats pròpies, de vella arrel i nova saba. A partir d’un most flor franc, un vi base humil (el restaurant dels pares, Can Roca, una excel·lent casa de menjars popular) que s’acull a una segona oportunitat, un canvi de cicle. Un caldo de cultiu que és la família i la formació (a l’estimada Escola d’Hostaleria de Girona). I un segon projecte, de llarga criança, que agafa les seves millors qualitats amb la maduresa. No hi ha una sensació sobtada, sinó una serenor brillant i una bombolla petita, de qualitat. Una llarga criança que també s’expressa a nivell cromàtic i potencia els sabors. Puresa, identitat varietats  i vincles molt ben formats de les tres: l’estructura, la capacitat de llarg recorregut, l’esquelet, és el xarel·lo, en Joan. El perfum, la fruita, la recerca de canvis amb calidesa, les aromes més anisades de bonança, els aporta el macabeu, en Josep. I la part més fresca, viva, lluent, punyent fins i tot, del parellada és el Jordi”.

aliment per a l’esperit

La idea d’aquesta segona fermentació/ generació d’un bar de barri que esdevé restaurant d’excel·lència d’en Josep és brillant. Però a més fa un joc dins del joc plantejant-se quin raïm representaria cada component del triplet virtuós. Sentint-lo parlar de com una determinada ampolla expressa el caràcter del terreny on s’ha fet i fins del vinater mateix, es comprova la seva comprensió holística de la realitat. En Josep llegeix Panikkar i també Pániker bo i buscant l’esperit del vi. En el llibre Cap a la pau interior. El camí de la consciència en el dia a dia (Angle Editorial), diu el monjo budista Thich Nhat Hanh (que, per cert, viu i ensenya ben a prop de les vinyes de Saint-Émilion): “Si sou poetes, veureu de seguida que aquest full de paper conté un núvol. Sense ell, la pluja no existiria; sense pluja, els arbres no creixen, i sense arbres no hi ha paper. […] Si observem el full de paper amb més atenció, també podrem veure el sol, […] veurem també el llenyataire que va tallar l’arbre i el va portar al molí per transformar-lo en paper. I també detectarem el blat: sabem que el llenyataire no seria persona sense el seu pa diari […]. Centrant una mica més l’atenció, ens hi podem veure a nosaltres mateixos. No és massa difícil: quan mirem el paper, forma part de la nostra percepció. La vostra ment, i la meva, hi són presents. Així, podem afirmar que el full de paper ho conté tot. […] en la seva petitesa, el paper conté la grandesa de l’univers”. Quan el Josep pensa el vi, comprèn tota aquesta interdependència. Quan el Celler de Can Roca obre les seves portes cada dia, l’exemplifica.

FONT: QUEFEM???